Faut-il se réjouir de la mort de quelqu’un?

C’est un sentiment humain, que de se réjouir du malheur d’autrui, lorsque nous ne l’aimons pas. Soit parce qu’il est considéré comme étant une fripouille, ou juste parce que nous ne l’apprécions pas.

Mais pour autant, faut-il se réjouir de l’irréparable?

Christophe de Margerie, PDG de Total, est mort dans un crash de son avion. Aussitôt, de nombreuses personnes sont venues exposer publiquement leur « bonheur » de sa mort. Sur les prétextes qu’il aurait été un soutien sans faille de la dictature birmane, ou un pollueur de la pire espèce. Mais n’était-il pas également l’homme a avoir fait prospéré cette grande entreprise française, pour le bonheur de ses salariés et de ses actionnaires? Total n’est-elle pas une entreprise de premier plan dans l’énergie solaire?

Et quoiqu’il en soit, faut-il associer l’homme et l’entreprise?

Parfois, la mort de quelqu’un permet de débloquer une situation. C’est souvent le cas avec la mort d’un dictateur, nombreux sont les pays qui ont par la suite pu accéder à un régime politique différent. Je souligne ici « différent », pas forcément meilleur, comme l’ont prouvé les événements après la mort du maréchal Tito en Yougoslavie, parmi tant d’autres exemples. La mort d’une personne peut alors se revêtir d’utilité, du moins pour ceux qui luttent pour une cause contraire à celle du défunt.

Eux peuvent se réjouir, mais sont-ils sûrs que la personne décédée n’aurait pas pu être une aide plutôt qu’un frein?

Les européens ont un peu trop vite fêté la mort de Saddam Hussein, de Moummar Kadhafi, pensant qu’ils étaient d’irréparables tyrans sanguinaires. La suite des événements ne prouve qu’une chose : ce fut une grossière erreur de les tuer, et par conséquent de se réjouir de leur mort.

Personne ne demande d’être triste à la mort de quelqu’un qu’elle déteste. Juste de ne pas crier sa joie sur tous les toits suffit amplement. Un homme reste un homme, avec ses failles et ses qualités. Lorsque l’on déteste quelqu’un, on oublie trop vite ses qualités, qui peuvent au final se révéler bien supérieures à ses défauts.

Se réjouir de la mort de quelqu’un équivaut, à mon sens, à se délecter de la peine de mort, en croyant que la mort va résoudre un problème donné. C’est trop rarement vrai.

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